Quand l’obéissance est devenue impossible

emmanuelle k.

Coffret de quatre recueils
paru en 2008 aux éditions de la Différence et Le Krill éditeur.

Edition française

emmanuelle k.net

ISBN: 978-2-9548180-5-4

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Nous nous efforçons de mettre en lumière des œuvres contemporaines, des paroles de poètes. Aujourd’hui plus que jamais, nous sommes heureux d’accueillir des livres « hors collection ».En effet, suite à la mise en liquidation des magnifiques Editions de La Différence, et parce que, depuis 2016, nous nous battons pour un retour en librairies de l’éclairant coffret de 4 recueils « Quand l’obéissance est devenue impossible » d’emmanuelle k, nous le reprenons à notre catalogue.

Quand l’obéissance est devenue impossible raconte une traversée, propose un regard., décrit les émotions d’un être qui n’a jamais renoncé à l’utopie, qui ouvre grand les yeux sur le monde tel qu’il se rêve, se devine, s’appréhende, se subit…

 

Vertige de l’écartLes brutesL’indépendance du sourire, Les chemins du désir, quatre recueils pour une résistance, tous les éclats d’une expérience vitale. Une parole très actuelle, très attendue, qui dessine un espace critique vivant, enfin respirable, vaste, libre, sans faux semblants. Simple et vrai. Une liberté. Quatre recueils pour une résistance, tous les éclats d’une expérience vitale portée par la voix d’un poète.

 

« Je pense que la voix des poètes est trop peu entendue. Si Hölderlin se trouvait déjà autorisé à railler « mais en ces temps à quoi bon des poètes ! », il me semble qu’il aurait été aujourd’hui condamné plus prématurément encore au silence et à la folie. Il y a dans l’oeuvre d’Emmanuelle K. cette authenticité qui tend désormais à disparaître au profit de l’effet. Nous sommes ici à contre courant de la quête ordinaire d’une notoriété vide. » Raoul Vaneigem

Prologue d’emmanuelle k.

Il y eut l’éclair, fulgurant, de mai 68.

Le groupe anarchiste auquel j’avais appartenu (j’en étais la seule femme) s’était logiquement dissous. Certains de nos camarades étudiants avaient formé à Nanterre le groupe des Enragés, qui eut – en accord et avec la collaboration de l’Internationale Situationniste (nous étions en contacts étroits depuis février 67) – l’influence que l’on sait* au sein du premier Comité d’occupation de la Sorbonne (14 au 17 mai), ainsi que du second (17 mai au 15 juin 68), dit Comité pour le maintien des occupations (CMDO).

Et puis, tout bascula.
Je n’avais pas changé. Mais j’étais en rupture.

A la fois déchirante et impérative, cette rupture était aussi inévitable qu’irréductible et ceci pour une simple raison : j’étais seule, j’étais femme et je voulais vivre.
Pas survivre, comme on nous l’imposait d’un côté, celui de l’ordre établi, mais pas vivre non plus comme les circonstances mêmes de la lutte contre cet ordre (et leur morbidité) nous le demandaient, de l’autre.

Je disparus.

S’ensuivit une dérive d’à peu près quatre années entre utopie et délinquance, dérive qui exprimait, pour moi et mes compagnons d’alors, la seule dimension cohérente à la fin de non-recevoir radicale que nous opposions au monde qui nous était proposé.

A cette époque, la Fraction Armée Rouge réalisait exactement ce par quoi nous étions attirés ainsi que ce que nous portions en nous de désespoir.
Mais là encore, je fus en rupture : je désirais la vie. Je ne voulais ni entrer en servitude, ni vivre avec la peur. Je n’étais pas une fiancée de la mort.

Une seconde fois je disparus.

De ce double exil vint la nécessité d’écrire, d’exprimer la nature de ce qui faisait de moi – au sein même de ma nouvelle existence – l’étrangère, la silencieuse, l’exilée.
Et j’invectivai l’invisible afin qu’elle ne meure pas, cette fille, d’une autre mort : celle de l’oubli.

C’est ainsi que sont nés les textes qui composent les quatre recueils de “ Quand l’obéissance est devenue impossible”.

 

* Lire René Viénet : “Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations”. Gallimard, coll. Témoins, Paris 4ème trimestre 1968.