Maria-Mercè
Marçal

Aux Éditions Supernova :

– Tanière de lunes

BIOGRAPHIE

Maria-Mercè Marçal de son vrai nom Maria-Mercè Marçal i Serra est née en 1952 au Pla d’Urgell et décédée en 1998 à Barcelona. Elle est une des poètes catalanes les plus connues de la deuxième moitié du XXe siècle. Elle est l’auteure de plus d’une dizaine d’ouvrages, dont un unique roman largement primé « La passion selon Renée Vivien » et une anthologie qui regroupent des poètes catalanes du XXe siècle.
Diplômée de philologie classique, elle est enseignante de langue et littérature catalanes et traduit en catalan Yourcenar, Sagan, Colette, Akhmàtova et d’autres.
C’est pendant la période de transition qui va de la fin du franquisme au début de la démocratie que Maria Mercè Marçal commence à écrire. Elle est une militante féministe engagée contre le franquisme au sein de l’Assemblée de Catalogne puis d’un parti de gauche.
« Cau de llunes », premier recueil publié en 1977, montre d’emblée l’importance que peut avoir pour Marçal la défense de la voix des femmes tout autant que de la langue catalane. Dans ce recueil elle exprime aussi sa révolte contre les abus du pouvoir avec un texte qui raille le dictateur Pinochet (« Malediccio amb estrella », in Cau de Llunes) ou les violences du pistolérisme à travers un texte qui rend hommage à Francesc Layret. Marçal tient en outre à attirer notre attention sur l’œuvre de plusieurs poètes (Clementina Arderiu, Felicia Fuster, Maria Antonia Salva, Rosa Leveroni, Sylvia Plath, etc.) bien trop méconnues, sur des auteurs qui l’ont marquée comme Federico Garcia Lorca mais aussi sur le vivier de la littérature populaire que sa mère lui a transmis oralement.
Ainsi, on retrouve tout au long de son œuvre les apports de la tradition orale de la chanson populaire, del cançoner popular, qu’elle partage avec l’auteur Joan Brossa.
Elle n’hésite pas non plus à reprendre les formes fixes de l’ode saphique, de la sextine ou encore du sonnet et d’autres formes issues directement de la poésie troubadouresque du XVe siècle et du XVIe siècle, ce qui explique par exemple qu’elle conserve le mot amour au féminin. Ces formes deviennent pour la poète le canon idéal de l’expression de thèmes inédits comme l’homosexualité féminine (1982, Terra de Mai, en référence à son amie du même nom). Son œuvre est connue en France à travers la publication d’une anthologie aux éditions Bruno Doucey publiée en 2013, et qui reprend en titre la devise de Maria Mercè Marçal : Trois fois rebelle.